Témoignage : “être une jeune femme seule dans un train indien ? C’était génial !”

bus indien inde culturetoi charlotte

Charlotte est une rédactrice de 28 ans qui aime bien vagabonder au rythme des projets la menant sur différents continents, à la rencontre de cultures aussi étonnantes qu’éparpillées dans le monde. Amoureuse des mots et habitée par l’idée de partager, elle fait régulièrement le bilan de ses aventures sur sa page Facebook : Culturetoi by Charlotte.

De ses retours d’expérience, Charlotte nous livre sa perception de l’Inde après avoir pris le train indien, de nuit et seule. Elle revient le cœur chargé de découvertes à raconter. Le train indien est pour beaucoup un grand rêve fantasmé, via les films, les livres et les aventures déjà racontées… En voici une de plus, certes, mais ce retour d’expérience à l’avantage de poser la question du voyage seule en Inde, en étant une femme, de l’ouverture aux rencontres et du premier pas à faire pour partir en voyage. 

Voici sans plus tarder le témoignage de Charlotte visant à vous rassurez mesdames : oui, vous pouvez voyager seule dans un train en Inde. 

Train indien, l’éloge de la paresse active !

Là encore, une nouvelle preuve que ce n’est pas la destination qui compte mais le chemin parcouru. Il n’y a rien à faire, et c’est parce qu’il n’y a rien à faire que tout est possible !

17h de train en Inde, seule, de 11h00 du matin à 4h00 du matin le jour d’après !

Un fantasme réalisé, une aventure haute en couleur vraiment savourée !

train indien inde

 

La peur d’abord, les frissons d’appréhension à l’idée de partager un wagon avec autant d’inconnus, les bribes de mauvais conseils reviennent en mémoire « c’est dangereux », « une femme seule, quelle idée… », « le train indien c’est l’horreur, c’est sale, ça pue ! C’est plein de lépreux » !

Et puis la libération, le laissez aller… je suis là maintenant autant assumer ! Oui, tout n’est pas aseptisé mais les couchettes sont propres, oui ça sent un peu mauvais dans les toilettes, non ce n’est pas dangereux si l’on respecte certaines règles de sécurité basiques et non ce n’est pas handicapant d’être une femme !

Les rencontres qui s’enchaînent comme des perles sur le collier de mon trajet !

Des centaines de sourires échangés, des dessins partagés avec les enfants, des repas offerts par les familles autour, le plateau repas du train payé par mes colocataires de wagons, les chaï gratuits après avoir donné un bon pourboire et partagé une cigarette avec le jeune garçon de 14 ans qui sillonne le train en criant toutes les heures « chaïïïïïïïï »…

Je n’ai absolument rien payé pendant ces 17 heures. Tout m’a été offert et servi sur un plateau non pas d’argent mais de générosité humaine.

Indy

 

charlotte culturetoi train indienUne bonne cinquantaine de selfies plus tard, me voilà au cœur de la campagne indienne, la télé branchée sur             « Merveilles de l’Inde », la porte du wagon ouverte, mes jambes pendantes dans le vide et de la musique dans les oreilles en permanence, pour couvrir le bruit du train, pour garder l’esprit vif; de la transe à Bernard Lavilliers, tout y est passé !

Les remarques tantôt inquiètes tantôt étonnées des Indiens qui regardent cette jeune blanche assise dans la crasse du sol de l’entre wagon, le sourire accrochée aux lèvres, la tête dodelinant sur un rythme qu’ils n’entendent pas et n’acceptant de quitter sa place qu’à la nuit tombée quand les yeux ne distinguent plus la beauté de l’Inde.

Les visages ouverts des enfants portés sur mes épaules, les dessins accumulés des têtes brunes offerts, les clins d’œil un peu taquins des plus jeunes indiens mais jamais méchants et rarement insistants, la bienveillance des contrôleurs qui gardaient un œil sur moi, la voyageuse solitaire, féminine et blanche de leur train indien.

passage à niveau indien

17 heures qui passèrent comme 10 minutes…

Pas le temps de m’ennuyer, interrogeant mes voisins sur leur vie, découvrant la vérité des mariages arrangés, apprenant les légendes des 33 333 dieux indiens, observant la beauté des costumes, l’organisation précise de ces clans de 15 personnes qui voyagent ensemble, dessinant, lisant, humant, passant beaucoup de temps aux toilettes aussi… Toilettes sans papier, un peu d’eau croupie dans un coin pour se nettoyer, sentant l’humain malade et bougeant au rythme saccadé des rails cabossés.

L’armée de gamins venant resserrer les boulons des roues du train à chaque arrêt, les vendeurs qui tentent de faire passer leur denrées à travers les barreaux des fenêtres, la première classe scintillante, ma deuxième classe rassurante et la troisième classe où je n’ai pu me rendre, isolée du reste par un rideau d’acier évitant aux classes / castes de se mélanger, et surtout le wagon gratuit réservé aux Sadhou et aux handicapés qui est bien mis sous clé et n’a pas de fenêtre du tout.

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Un voyage branché sur la chaîne Découverte de l’Inde

La campagne devant les yeux, les champs à perte de vue où seules les couleurs vives des saris des femmes travaillant, semble animer le décor identique sur des kilomètres…
WAITING FOR TRAIN TO STOP.

Et puis des petits villages en terre cuite qui apparaissent, les buffles attachées devant les portes, les bouses séchées au soleil avant d’être brûlées, les toits de chaumes, … on dirait presque l’Afrique.

Mais c’est bien l’Inde, enfin une des Indes car entre Dharamsala, Delhi et Varanasi c’est un continent de culture qui sépare ces modes de vie, ces paysages, ces humains regroupés sous le nom « Indiens ».


Si vous aussi, vous souhaitez tenter l’aventure du train en Inde, Omalaya s’occupe de tout pour vous faire rejoindre l’expérience sur les rails indiens.

One Response

  1. Iza Montpellier France

    Merci Charlotte, toujours autant de plaisir à te lire tous les matins, à voyager, à comprendre et apprendre, , merci, merci, merci, Iza.

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