Mother India : les paradoxes d’un voyage au cœur de soi

pas sable

L’Inde, le pays du pèlerinage, de la quête, de la désillusion, des paradoxes, des mondes parallèles, des dieux, des énergies, de l’instant présent et enfin… pays de la vérité. Je voudrais vous avertir moi aussi : on ne décide pas d’aller en Inde. C’est elle, Mother India, qui vous appelle.

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Une entité

Il est de ces pays que l’on personnifie comme une entité à elle seule, tant l’énergie de ces terres sont puissantes et ont la capacité de faire virevolter tout ce qui n’était pas notre propre vérité. L’Inde a cette réputation mais possède en plus de cela un sentiment d’universalité, tel le berceau de l’humanité.

Si vous avez pris la décision de partir en Inde, c’est que votre âme vous pousse vers la claque monumentale dont vous avez besoin. Peut-être n’en êtes-vous pas conscient, mais que ce voyage se passe bien ou mal vous en retiendrez quelque chose. Peut-être infime ou grandiose, accablante ou ressourçante, une chose qui remue les tripes ou qui te fais te sentir vivant… C’est ça l’Inde, c’est la vie, c’est le vacillement de l’identité.

whoooaahh!

Un voyage au cœur de soi

Les plus sensibles d’entre vous pourront aussi basculer du côté infernal de ce voyage : le syndrome Indien, comme l’appel le Dr Airault, un psychatre spécialiste ayant rapatrié d’urgence une quarantaine de français. Il est décrit comme tel : le syndrome du voyageur évoque, dans des cas de crises aiguës, des bouffées délirantes qui révèlent une paranoïa prononcée. La personne est d’abord victime d’une angoisse sans origine apparente puis peut basculer vers une peur irraisonnée d’être attaquée, suivie, expiée mais aussi cible d’un assassinat. 

Ici, l’Orient désoriente.

D’autres voyageurs, plus déterminés à ne pas se laisser impressionner dirais-je, ont le temps de se retrouver confronté à tous leurs blocages mais aussi à une Inde fantasmée. S’accrocher à ce que l’on croit être une vérité devient alors le pire cadeau que l’on puisse s’offrir en Inde. Même si chaque voyage donne l’occasion de se transformer, celui-ci est fait de tant de paradoxes qu’il ne laisse pas le choix de faire un travail constant sur soi. Certains voyageurs, pour ne pas dire beaucoup, finissent tout de même par lâcher prise et s’ouvrent ensuite à l’enchantement.

Gopuram View - Thiruvannamalai

Car il y a ceux qui ne cessent d’avoir un regard détaché de tout jugement sur le chaos que peut être ce pays. Ce grand bordel organisé mérite qu’on s’y attarde : prendre un tuktuk et avoir peur pour sa vie toutes les deux minutes, croiser des sages ayant passé leur vie en quête de pureté, puis d’autres menant une existence de Maharaja aux airs de Bollywood, contempler des paysages somptueux que l’on aurait jamais osé imaginer puis être désenchanté par la pollution des sols, croiser des vaches se baladant tranquillement sur l’autoroute, rencontrer des femmes somptueusement vêtue mais suant d’efforts pour transporter plusieurs kilos au sommet de leur tête, des gamins parlant trois langues mais qui ne portent pas de chaussures… la liste des contrastes est longue.

Une libération

Ce n’est que lorsque l’on parvient à faire abstraction des paradoxes, ou plutôt en faire le constat avec plus d’émerveillement que d’à priori, que l’on se libère enfin de nos schémas occidentaux. C’est là que le voyage commence…

A travers le monde, on voyage pour éprouver. En Inde, on voyage pour s’éprouver soi-même. Symbole du grand pèlerinage, de la quête spirituelle et du merveilleux, cette échappatoire à tous les repères conduit vers un plongeon dans notre être intérieur : là où nos peurs ont à la fois toutes les raisons d’exister puis plus aucune.

namaste

Ce qui découle de cette profonde libération est un sentiment d’universalité, océanique et mystique. Comme je vous l’expliquais dans l’article pourquoi est-il plus facile de se connecter à son être intérieur en Asie : “on pourrait vous regarder comme un extraterrestre si vous affirmiez ne croire en rien d’autre que ce que vous voyez : ne pas avoir de spiritualité est plutôt impensable de ce côté de la planète”.

C’est en cela qu’un voyage en Inde peut conduire, ou contribuer, à l’éveil. Plus que tout autre pays, Mother India vous accueille les bras ouverts et chargés de surprises qu’il faut savoir accueillir : elle vous oblige à prendre le temps, à regarder, à accepter, à méditer, à vous ouvrir aux forces insoupçonnées qui résident en vous.


Faites l’expérience d’un voyage au cœur des sagesses de l’Inde pour apporter un souffle nouveau sur votre vision de l’Inde

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6 Responses

  1. PIN Dolores

    Il faut vraiment être amoureux de l’Indes, votre commentaire est génial, réaliste et je tiens à vous féliciter. Je vais en Indes depuis de 40 ans est chaque fois c’est pour moi le renouveau, il ne me manque plus qu’un beau pèlerinage sur les pas de Bouddha, est là je pourrais venir vivre de temps en temps avec ma famille adoptive Indienne de Pondichéry.

  2. Aude

    Super texte qui donne envie de se débarrasser du connu pour une découverte intérieure et extérieure. Merci de nous faire voyager par tes écrits, namasté !

  3. Philou

    Très bel article ma petite Flora! Oui il m’a fallu quelques mois pour enfin le lire, mais j’ai adoré! Mother India me manque et j’ai du mal à faire ma vie loin d’elle. =)

  4. Fred

    Très bel article. Je pars pour la première fois cet été en Inde : Ladakh (principalement) et Bénarès… Je suis impatient d’y être… Namaste.

  5. Nat

    En lisant l’article , je me suis dis :” c’est exactement ce que j’ai vécu “.
    J’ai adore .
    L Inde me manque .
    Namaste

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