La première française au Tibet (Première partie)

Alexandra David-Néel, la première française au Tibet - Omalaya

L’âge de la colonisation, l’impérialisme et la mondialisation sont arrivés avec le XIXe siècle. Le Tibet était lui resté vierge, ce qui en faisait une attraction irrésistible pour les occidentaux…

Le Tibet, connu pour être le « Royaume interdit »  sur le toit du monde, devenait déjà une des destinations les plus recherchées des voyageurs, et en particulier des occidentaux ; non seulement par sa géographique et par son histoire, mais aussi grâce au bouddhisme. Être une terre interdite a longtemps stimulé la compétition, la « course à Lhassa » entre les explorateurs et les aventuriers qui se battaient pour être les premiers à entrer dans la ville interdite. Certains ont réussi à entrer dans la capitale du Tibet mais beaucoup ont également échoué en raison des strictes restrictions du gouvernement central à Lhassa. Mais la première femme européenne à avoir franchi une frontière à travers les montagnes et a être entré sur la terre interdite fut Alexandra David Néel. Voici, l’histoire de sa route jusqu’au Tibet.

Alexandra David-Neels

Alexandra David-Néel a en effet été la première femme occidentale à entrer dans Lhassa interdite avec un lama Sikkimais du nom de Yongden, qu’elle a adopté comme son fils qu’elle a plus tard amené en France. Née en 1868 à Saint-Mandé, près de Paris, Alexandra David-Néel a passé la majeure partie de sa jeunesse à Ixelles au sud de Bruxelles. Elle détestait passer du temps avec ses parents pendant ses vacances. David-Néel adorait le voyage, elle était une remarquable exploratrice. Passionnée par la philosophie bouddhiste et par le sanskrit, elle parlait la langue tibétaine couramment, ce qui était très rare à cette époque.

Alexandra David-Néel, la première française au Tibet - Omalaya

Mais avant de s’aventurer vers la terre interdite, elle est venue en Inde, un pays qui lui tenait très à cœur. Fin 1912, elle se rend au Népal puis au Sikkim, situé au sud du Tibet. C’est là-bas qu’elle rencontre Sidkeyong Tulku[1] qui deviendra un très bon ami et même son frère spirituel. David-Néel a été aussi la première femme occidentale à rencontrer le 13e Dalai Lama[2] à deux reprises en 1912, qui lui conseilla d’apprendre la langue tibétaine parce qu’elle avait une bonne connaissance du bouddhisme tibétain. Après ça, pendant deux ans et demi, elle s’est entraînée dur et a pratiqué le yoga dans une grotte située sur la frontière nord du Sikkim près du Tibet. David-Néel a ensuite reçu le très difficile enseignement de « Gomchen »[3]. Elle a traversé une première fois la frontière interdite et a rencontré le Panchen Lama[4] à Shigatse en août 1916, et a ensuite a été expulsée du Sikkim par Sir Charles Bell[5]. Puis, elle commença son voyage avec le jeune lama Yongden, avec qui elle traversa le Japon. Elle y rencontra Ekai Kawaguchi[6], un japonais ayant réussi à rester dix-huit mois à Lhassa, ce qui lui a donna des idées et de l’espoir. En 1923, elle continua son voyage avec Yongden en Birmanie puis en Corée couvrant près de 5,000 milles à dos de yaks et de cheval à travers la Chine dans le nord-est du Tibet, jusqu’en Mongolie et le désert de Gobi. David-Néel arriva aux portes du Tibet en hiver avec des cartes cachées dans ses bottes et un révolver dans sa robe de paysanne. Afin de passer inaperçue sur la terre interdite où de nombreux tibétains partent en pèlerinage à Lhassa, elle prit la route déguisée en pèlerine tibétaine, supportant des jours sans nourriture et nuits sans abri. En février 1924, les deux aventuriers réussirent l’incroyable exploit de rentrer dans la ville interdite à l’âge de 56 ans.

Je crois qu’à cette époque où le monde tournait uniquement autour des hommes, elle a prouvé, en entrant dans la terre interdite, que les femmes pouvaient elles aussi faire des choses incroyables. La deuxième partie de ce reportage abordera la géographie du Tibet et les impressions de David-Néel sur les paysages du royaume interdit.


Le voyage de David-Néel a inspiré des générations de voyageurs, et son travail inestimable sera toujours admiré. Si vous voulez vous aussi expérimenter la joie d’un tel voyage, vous pouvez venir explorer le Tibet et célébrer le jour du Bouddha au Tibet avec les tibétains.


[1] Sidkeong Tulku (1879 -1914) était le chef spirituel et le roi du Sikkim.

[2] Thubten Gyatso, le 13e Dalai Lama (27 mai 1876 – 17 décembre 1933) était le chef spirituel et le roi du Tibet.

[3] Le gomchen est autorisé à se marier et avoir une vie de famille et vit au sein de la communauté laïque où il peut servir comme un soutien spirituel pour la société.

[4] Thupten Chokyi Nyima est le 9e Panchan Lama (1883-1937) qui est le deuxième plus important chef spirituel du bouddhisme tibétain Guélougpa.

[5] Sir Charles Alferd Bell était un spécialiste indo-britannique du Bhoutan, du Sikkim et du Tibet. Il fut ambassadeur spécial au Tibet en 1920.

[6] Ekai Kawaguchi (26 février 1866 – 24 février 1945) est un moine bouddhiste japonaise célèbre pour ses voyages. Il a réussi à rester au Tibet déguisé en médecin chinois pour 18 mois.

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