Impressions d’Amritsar

Temple d or d Amritsar

J’ai passé deux jours à Amritsar, ville la plus sacrée de la religion Sikh. Voici le récit de mon aventure.

Premiers pas en terre sikhe

Lorsque l’on arrive à Amritsar, vision de chaos. Vendeurs de toutes sortes et conducteurs de rickshaw voient en nous des clientes égarées, arrivées là par hasard en ce jour de tempête.

Après d’âpres négociations, on se décide. Nous voilà parties pour le cœur d’Amritsar, j’ai nommé le temple d’Or.

Nous passons l’arche de l’entrée, religieusement gardée par des Sikhs, lance à la main, mais pas pour autant désagréables, bien au contraire. Bref, nous pénétrons dans le complexe, et là tout disparaît. On oublie le rush pour laisser ses chaussures à l’entrée, le froid du marbre mouillé, le ciel gris. Nous verrons les jours suivants que n’importe quelle nuance de ce dernier ne peu que sublimer le temple.

On se lance. Nous commençons à tourner autour de ce joyau de l’architecture indo-musulmane, qui, recouvert de kilos d’or, ne peut qu’emprisonner le regard. Nous ne sommes pas seules. Des milliers de pèlerins et quelques touristes marchent à nos côtés. Ils sont plus de trente mille chaque jour à se prosterner sur le marbre blanc.

Pelerin sikh

La sérénité du lieu dénote avec l’agitation de la ville et tout semble immuable, tant l’architecture même du temple évoque l’assurance. Pourtant, l’histoire de ce temple, elle, n’est pas des plus calmes.

Tout commençait pourtant pour le mieux, quand l’empereur moghol Akbar, de confession musulmane, autorisa au 17ème siècle la création de la capitale des Sikhs et de son temple le plus sacré. Tous les empereurs moghols ne furent pas aussi tolérants. En 1761, Ahmad Shah Durani saccagea la ville et le temple avec elle. Reconstruit, le temple se para d’or dans les premières années du 19ème siècle, et y acquis sont titre. Finalement, en 1980, le temple fut endommagé lors des affrontements entre armée indienne et séparatistes sikhs, qui firent des milliers de victimes. Ces affrontements coutèrent également la vie à Indira Gandhi (fille de Nehru et non du Mahatma), premier ministre en charge des opérations, assassinée par deux membres sikhs de sa garde rapprochée.

Reste qu’aujourd’hui, il fait bon déambuler autour du bassin où est apposé le temple, dont les eaux sacrées invitent les sikhs à la baignade. C’est d’ailleurs ce bassin, appelé Amrit Sarovar (bassin de Nectar), qui à donné son nom à la ville.

En empruntant la passerelle étroite et bondée de turbans multicolores, on arrive enfin à la porte du temple. Il est temps d’entrer. Nous voici au cœur du temple d’or devant des prêtres qui récitent continuellement les 1430 pages du Guru Granth Sahib, « Sa Seigneurie le Livre Gourou », vénéré comme un gourou vivant. L’exemplaire original est sous nos yeux, ou presque, dissimulé sous un voile rose. Notre visite se termine dans cette atmosphère intense dégagée par la voix des prêtres, à laquelle s’ajoute le parfum puissant des encens et des fleurs fraiches.

temple d or

En route pour la frontière pakistanaise

Il est temps de repartir pour de nouvelles aventures, 35 km et 3 postes de contrôle plus loin. Nous nous rendons à la frontière Indo pakistanaise, qui existe depuis la partition de l’Inde en 1947, pour assister à sa cérémonie de clôture. Passées les nombreuses fouilles au corps, on part s’asseoir dans les gradins destinés à accueillir les spectateurs. Car oui, c’est pour le spectacle de la démonstration de force de l’armée indienne que l’on vient de toute l’Inde. Si le voyageur européen est pour sa part amusé par l’amplitude phénoménale des gestes d’intimidation des militaires indiens envers leurs homologues pakistanais, la cérémonie est d’avantage sérieuse pour les indiens. En témoigne la foule qui, exaltée par un chauffeur de salle en survêtement blanc, scande le slogan « hindoustan !», « terre des hindous », au nez des pakistanais qui se tiennent de l’autre côté du portail et qui répliquent à leur tour.

Le tout se fait pourtant dans une ambiance enjouée. En effet, les rivalités avec le Pakistan sont oubliés pour un temps, lorsqu’avant le début de la parade militaire, les indiens peuvent faire un tour de piste en tenant l’immense drapeau de leur pays et sont invités à danser sur une musique bollywoodienne. Un paradoxe indien. Une autre impression d’Amritsar…

marche patriotique inde

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