VOYAGER EN INDE, UN APPRENTISSAGE DE LA LENTEUR

Tout ceux qui sont allés en Inde vous le diront : l’Inde retourne les sens et balaye les positionnements personnels ; plus qu’un pays, elle est une entité culturelle et spirituelle qui provoque en chacun de profonds changements. Pour nous européens, elle nous fait vivre une autre vitesse que celle de nos pays développés, loin des questions de rentabilité et d’efficacité. Elle est une reconnexion au présent et à la simplicité de la vie.

Tout juste débarquée de l’avion, c’est le premier choc : l’Inde fourmille, déborde, attrape, appelle, grouille, court, gambade.

Après le temps suspendu en l’air, lorsqu’une fois laissé derrière soi le pays natal on profite de cette langueur où plus rien n’est nécessaire, urgent ou impératif, on atterrit en pays inconnu, où les logiques, les mots et les gestes sont différents. On laisse peu à peu tomber nos schémas de pensées, nos connections rationnelles, nos idées reçues et jugements préconçus.

Le voyage commence par apprendre à se fondre dans la diversité,

à accepter pleinement la différence et le fait qu’il n’y a, jamais, de point de vue ou de vérité absolue.

Voyager, c’est partir chaque matin vadrouiller dans les ruelles, explorer les chemins, croiser les regards, effleurer les présences. C’est écouter ses sensations, faire de ses sens l’outil principal pour indiquer la direction. La découverte se fait au rythme des pas et du souffle, qui respire à l’air libre, sans contrainte.

Prendre le temps.

C’est un mode de vie que l’on a souvent oublié. On a débarqué dans la vie, protégé au sein de la mère, on a grandi, on a rempli nos devoirs face à la société : aller à l’école, faire des études, trouver des jobs pour combler les trous, remplir les manques ; c’était ça, « apprendre la vie ».

Et une fois l’ensemble accompli, on se rend compte que tout cela n’a absolument pas déterminé ce que nous allions faire du futur de notre vie. Un grand courant d’air s’ouvre. Plus rien ne nous retient.

C’est le moment où l’on est pris dans un tourbillon, où pour la première fois, on a le choix de la pleine liberté. On l’a toujours eu, oui, mais là, on le sent dans notre ventre : une petite dose de courage, une étincelle de folie suffisent pour mettre le feu à la machine bien rodée, un peu trop étriquée.

Et étonnamment, cela ne se fait pas à pleine vitesse. Cela se tisse petit à petit, s’élabore. C’est cela que l’on est venu chercher en Inde, cela que l’on apprend par le voyage. On ne vit ni plus heureux, ni plus efficace dans la précipitation et le stress.

En voyage, chaque journée est une ouverture aux possibles ;

chaque nuit est la tranquillité du corps au repos. Lorsque l’esprit s’extrait d’un schéma de stress et de productivité, la séparation entre jour et nuit, entre aujourd’hui et demain, tombe en poussière. Le temps vit. On profite de chaque instant, on reconnaît sa magie, sa beauté, son élan. Il nous donne l’énergie d’oser, d’oser se laisser porter par ce qui débarque au hasard du chemin. On arrête de rêver, on vit le présent.

L’Inde, à l’intérieur même de son incessant fourmillement, révèle une nature paisible de grand sage.

C’est cela même qui fait que l’on est attrapé par elle. Une fois découverte, elle devient un point de rayonnement autour duquel on tourne. Une fois pénétré son territoire, elle modifie notre fonctionnement cérébral, démolit tout lien synaptique d’anxiété.

Au cœur de la circulation battante des villes indiennes, les vaches sacrées demeurent allongées, tranquilles symboles de ce contre-pied. Les habitants occupent les bords de route et les entrées d’échoppe, un chaï à la main. « L’Inde est un pays surpeuplé » raconte-t-on depuis le lointain. Mais une fois que l’on y est, on réalise que ces milliards d’individus vivent en communautés, que chacun respecte la place d’autrui, et que leurs journées s’écoulent au rythme de la nature et du soleil.

Vivre en terre indienne, c’est réapprendre la simplicité ;

c’est découvrir le partage comme vertu essentielle : le plus beau des cadeaux est le regard ou la parole échangée avec une personne au coin d’une rue.

On ne réussit pas mieux, on ne réalise pas moins de projets, on arrête seulement de courir en permanence après quelque chose. La vie n’a pas besoin d’être remplie. Elle est, c’est tout. Si l’on accepte de lâcher prise sur sa propre vie, on s’ouvre à celle plus large qui nous englobe tous.

Les rencontres alors débarquent à l’improviste, les amitiés se tissent. Le chemin se déroule sans plan préalable, nous amène à partager des expériences inattendues qui nous enrichissent et nous font grandir. En prenant le temps de rencontrer les gens, on découvre la beauté de chaque être, la créativité qui infuse en chacun.

La lenteur amène le respect, la confiance et la bienveillance.

La lenteur détruit tout jugement, et fait de chaque instant l’essence du voyage. Elle replace notre corps dans l’espace, et notre esprit à sa place naturelle de clarté. La lenteur nous permet de ne plus affronter la vie mais de la recevoir à bras ouverts comme un cadeau et un bienfait.


Pour vivre au rythme de l’Inde et ses inépuisables ressources de calme intérieur et de méditation, retrouvez notre séjour “Voyage au centre de soi”et découvrez notre article sur les retraites spirituelles.

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2 Responses

  1. Baba mortimer

    J’ai pu constater moi aussi ce bouleversement intérieur a jamais. Rien ne sera plus jamais comme avant. C’est comme un bon virus. Nous ressentons des sentiments totalement inédits jusqu’àlors ! En arrivant , j’ai eu ce sentiment fort , profond , intense de revenir dans mon pays ! Singulier et étrange à la fois. Et puis cette lumière que j’entrevoyais depuis mon pays et mon adolescence mais apparu dans sa totalité ( je ne prend aucune substance). L’Inde , c’est l’éloge de la lenteur ou le patience est incontournable . C’est le paradis des gens simples. C’est tout d’abord un voyage intérieur outre les beautés de ce pays . Jamais je n’ai eu a des personnes belliqueuses bien au contraire ! L’Inde m’a visité ! C’est peut être un bel exemple pour cette planète déchiré ou le sang coule aux 4 coins pour un illusoire pouvoir et des richesses qui n’en pas pas vraiment !
    Jaï hind ! ??????

    • Stéphanie

      Merci pour votre réponse aussi magnifique. Oui, voyager en Inde est un voyage intérieur qui amène des transformations profonde et inoubliables.

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