Témoignage d’un autre horizon : le Ladakh, cette marche vers le ciel

Mégane et Charly sont partis au cœur du petit Tibet : le Ladakh. Un témoignage de deux jeunes européens en voyage sur une terre inconnue, face à une nouvelle réalité.  Au programme : de l’inspiration et des révélations mystiques.

Le Ladakh c’est prendre la direction du ciel.  Des paysages qui se confondent à l’air d’une autre planète, un horizon sec à la sensation douce, une ambiance étrangère et pourtant si familière. Une essence de spiritualité qui apaise les âmes, les mantras qui rythment les pas… C’est l’Inde Ladaki au visage attachant, au regard émouvant qui dresse avec élégance ses plus belles roches.L’Inde s’endort, les klaxons s’assoupissent… C’est essayant de se tirer des bras de Morphée, que nous nous tenons prêt pour 2 deux jours de voyage en voiture. Quoi de mieux pour découvrir les contrastes de notre mère bien agitée ? Traverser l’Inde par la voie terrestre, c’est découvrir ses mystères et ses secrets, sans fausse apparence. 

Petit à petit, on s’approche, on explore… le décor se transforme. Les spots de drapeaux de prières remplacent les temples hindous, les Namaste deviennent des Jullay, les vaches donnent place aux Yaks. Des monastères de pierres perchés sur les sommets émergent un élan de spiritualité, une soif de savoir. Quelle est l’histoire racontée par ces murs?Le calme pur plane derrière le son des gongs et des mantras. C’est en s’arrêtant qu’on prend le temps d’avancer, d’observer, d’apprendre et de ressentir. Ici, il est facile de ressentir quand le ciel joue avec la terre, quand le soleil invente de nouveaux contrastes sur les roches : du rose, du rouge, du mauve…  À chaque pas, les pierres se craquent, à chaque regard, Bouddha s’illumine.

L’intérieur des monastères éveille en nous le plus grand des respects. Mémoire historique, maison des dieux, lieu de recueillement, espace sacré : nos yeux pétillent devant ces incroyables divinités, minutieusement représentées. Nos esprits curieux ne cessent de s’interroger, heureusement l’équipe tibétaine est là pour tout nous expliquer.

Le guide pour bien se tenir dans un temple

∴  La propreté des lieux reflète la nature de l’esprit : clair, calme et limpide.

∴  Il est important d’enlever ses chaussures pour ne pas faire entrer de mauvaises énergies

∴  Il ne faut jamais s’allonger les pieds face aux divinités par respects des traditions les plus anciennes

∴  Il est important de prier avec le corps, la parole et l’esprit. S’allonger au sol est une marque d’humilité.

∴  S’il y a autant de détails et de couleurs dans les monastères, c’est parce qu’au Tibet, les paysages sont grands et vastes. À l’inverse du bouddhisme Zen du Japon, où les monastères, situés dans d’immenses forêts, sont beaucoup plus minimalistes à l’intérieur.

∴  Les thangkas retracent l’histoire des plus grandes divinités afin de garder en mémoire leurs batailles, mais aussi pour stimuler la méditation par l’image (les bouddhistes méditent en s’imaginant face à une divinité).

∴  À la vue d’une statue, imaginer la présence de la divinité

∴ De toute façon, c’est la pureté d’intention qui compte.

Rencontre avec le chamanisme

C’est à Chouglasmar, camp de réfugiés numéro 1 (sur 13), que nous nous sommes rendus pour notre première session chamanique. Dans la culture tibétaine, les chamanes sont comme les exorciseurs de la religion catholique, les guérisseurs de la culture amérindienne. Une session chamanique est l’occasion de se reconnecter avec une part essentielle de son être. C’est en s’adressant aux esprits que le chaman va guérir les blessures mentales comme physiques.

Familles et voisins sont invités, nous voilà en train d’assister à l’une des plus précieuses cérémonies de la culture bouddhiste. À ce moment-là, nous sommes dans le bonheur intense pourtant face à la peur de l’inconnu, dans le doute le plus flou au cœur d’une harmonie créant un élan de clairvoyance. Les paradoxes s’entrechoquent, nous décidons de ne plus penser et de simplement nous laisser transcender.

Les ghanta et les bengales sont répétitifs. Lhamo pose sa voix harmonieuse sur les instruments et récite des mantras sans s’arrêter, son chant devient de plus en plus aiguë, ses yeux commencent à vriller… la transe peut enfin commencer. Son assistant Karma est présent pour l’aider, elle se vêtit de nouveaux accessoires typiques de la tradition tibétaines : le processus de changement passe d’abord par l’extérieur pour atteindre l’intérieur (loi du Karma n°4).

Lhamo rencontre avec une femme chamane

Lhamo crie, tremble, tombe… Ses proches sont là pour l’aider… Après une petite heure, elle réussit à se connecter aux esprits sacrés, par son don, elle est maintenant habitée.Un par un, nous nous approchons avec notre question. Elle nous touche pour ressentir l’ampleur de notre intention. Personnellement émue, un sentiment de reconnaissance intense m’envahit : « Excusez-moi esprit lointain de vous importuner, j’aurais juste une petite question personnelle à vous poser » 

Une fois la réponse obtenue, l’esprit gamberge entre croyance et fatalité. La solution paraît simple et évidente, est ce que nous détenons la vérité au fond ? Elle plante des petites graines dans les esprits, qui grandiront les jours d’après…Chacun d’entre nous aura son propre ressenti sur des questions du domaine du physique ou psychique. Ce qui est sûr c’est que cette expérience, encore inconnue jusqu’à là, cette aventure d’un autre monde, nous a fait grandir et découvrir un autre filtre de ce qui est la vie. Là où dans mon pays on ose à peine en parler, un peu fou celui qui ose ; regardez comme ici cela marche, regardez comme cela rythme les existences pour créer la plus belle des croyances.

Ce peuple vit simplement malgré une histoire émouvante. Uni et bienveillant, c’est avec un peu qu’ils créaient un tout. La force de vivre dans un camp de réfugiés numéroté, les générations qui se mixent dans un nid douillé entouré de quatre murs de pierres brisées. La force de prôner leurs traditions et leurs cultures pour qu’elle subsiste. Le simple désir de vivre en paix. Je me souviendrais de cette phrase peinte au coin d’unerue qui résume un rythme de vie si évident et pourtant…: “Si le problème a une solution il ne sert à rien de s’inquiéter, mais s’il n’y a pas de solution, s’inquiéter ne changera rien”. Bouddha

Coup de cœur au premier coup d’œil

Le Ladakh nous emmène dans le dépaysement d’une terre rappelant les paysages lunaires, là où la verdure se niche seulement dans des petits carrés de terre, là où les neiges restent éternelles. Chaque paysage inspire, donne envie d’écrire, de dessiner et de photographier. Ce paradis rocheux qui émerveille et éveille nos sens.

Vallée de la Nubra, l’arc-en-ciel des hauteurs

*en statut Mahābodhisattva, le futur Bouddha

Le Lac Pang Gong sacré par les dieux et son histoire

*à la frontière de l’Inde et du Tibet

Timosgam, havre de paix

*lieu idéal pour cueillir les abricots l’été

Pour construire sa vie, sa réalité, il faut apprendre par soi-même, l’aventure, le nouveau, le différent : elles sont là, les vraies leçons … Pour être toujours plus près du juste et plus conscient, pour avoir un panel infini de directions de vie , pour trouver ce qui nous fait réellement vibrer… C’est ça le voyage …

Merci à Tashi, fondateur d’Omalaya, à sa famille et à toute l’équipe pour nous avoir fait vivre ces moments d’une magie rare.

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4 Responses

  1. Christine

    Bonjour ! Merci beaucoup pour ce beau partage qui m’a permis de “voyager à distance “en attendant de pouvoir le faire en réalité.
    Merci beaucoup.
    Christine bernard ?

  2. Nicole BOUDEREAUX

    Magnifique…merci

  3. Annie

    Merci infiniment…une belle introduction au voyage

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