Réflexion et changement par Sogyal Rinpoché

Texte repris de l’œuvre de Sogyal Rinpoché, « Le livre tibétain de la vie et de la mort ».

” Tourner notre attention vers l’intérieur est loin d’être aisé. Nous somme bien plus enclins à nous laisser dominer par nos vieilles habitudes et nos comportements solidement ancrés ! Bien qu’ils soient la cause de notre souffrance, comme le dit Nyoshul Khenpo, nous les acceptons pourtant avec une résignation presque fataliste, tant nous sommes habitués à leur céder. Nous pouvons faire de la liberté un idéal tout en demeurant totalement esclaves de nos habitudes.

La réflexion peut, pourtant, nous amener lentement à la sagesse. Nous pouvons nous apercevoir que nous retombons sans cesse dans des schémas habituels de comportements et aspirer alors de tout notre être à leur échapper. Bien sur, nous y retomberons encore maintes et maintes fois mais, peu à peu, nous pourrons en émerger et nous transformer.
Le poème suivant s’adresse à chacun de nous, il s’intitule « Autobiographie en 5 actes ».

1. Je descends la rue.
Il y a un trou profond dans le trottoir :
Je tombe dedans.
Je suis perdu… je suis désespéré.
Ce n’est pas de ma faute.
Il me faut longtemps pour en sortir.

2. Je descends la même rue.
Il y a un trou profond dans le trottoir :
Je fais semblant de ne pas le voir.
Je tombe dedans de nouveau.
J’ai du mal à croire que je suis au même endroit.
Mais ce n’est pas de ma faute.
Il me faut encore longtemps pour en sortir.

3. Je descends la même rue.
Il y a un trou profond dans le trottoir :
Je le vois bien.
J’y retombe quand même… c’est devenu une habitude.
Jai les yeux ouverts
Je sais où je suis
C’est bien de ma faute.
Je ressors immédiatement.

4. Je descends la même rue.
Il y a un trou profond dans le trottoir :
Je le contourne.

5. Je descends une autre rue…

Sichuan-Tibet-Highway
Tibet.

Le but d’une réflexion sur la mort est de susciter un changement réel au plus profond de votre cœur, d’apprendre à éviter le « trou dans le trottoir » et à « emprunter une autre rue ». Cela exigera une période de retraite et de contemplation profonde, qui seule pourra vous aider à ouvrir vraiment les yeux sur ce que vous faites de votre vie.”

tibet par nicolas roerich
Tibet par Nicolas Roerich.

Petit éclairage d’Anaïs :

La mort est liée au fait inéluctable de l’impermanence, une loi immuable, tout, absolument tout, n’est qu’impermanence. 
La mort est une réalité qui, comme l’explique si bien Sogyal Rimpoché dans « Le livre tibétain de la vie et de la mort », dans une profonde acceptation de celle-ci, nous amène à nous défaire de diverses formes de souffrances, d’attachements et d’habitudes. Examiner, contempler, nommer la mort n’a rien de morbide, tout dépend de la compréhension que vous en avez, de votre définition, du sens que vous lui avez accordé. Mais si l’on considère que notre éternité n’est qu’une succession de vie et de mort, cela nous permet de prendre les choses avec beaucoup plus de légèreté, d’aborder les événements de notre vie avec bien plus de recul et de hauteur, d’adapter nos attitudes en conséquence et ainsi faciliter les allers et venus de ceux-ci dans notre quotidien. Toujours dans le but de préserver et libérer notre cœur universel de la souffrance.

Le palais du Potala a Lhassa
Le Palais du Potala à Lhassa, Tibet.

Omalaya vous propose un voyage au Tibet en juin 2019 pour célébrer Saga Dawa. Pour en savoir plus, c’est ici.

Et pour en savoir plus sur Saga Dawa, voici un article du blog Omalaya.

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