Au cœur de Holi à Rishikesh avec Omalaya

Au cœur de Holi à Rishikesh avec Omalaya

À l’occasion de Holi, l’équipe d’Omalaya est partie en immersion à Rishikesh pour vivre la Fête des couleurs de l’intérieur. Une journée de liesse et de sourires au bord du Gange sous le soleil de plomb de l’Uttarakhand, entre batailles d’eau et jets de pigments de couleurs…

Phâlgunotsava – l’autre nom de Holi – annonce le printemps. Cette fête, qui puise ses origines dans la mythologie hindoue était à l’origine célébrée en vue d’encourager les moissons fructueuses et la terre fertile. La légende raconte que le roi des démons avait entrepris de tuer son fils, jaloux de son adoration extrême pour Vinshu. Ses tentatives d’assassinat contre son fils échouant les unes après les autres, il le mit au défi d’aller dans les flammes avec sa tante Holîka – la sœur du roi, donc – qui elle ne craignait pas le feu. Grâce à sa foi inébranlable pour Vinshu, le fils sorti vivant au contraire d’Holîka qui périt sur le bûcher. Symbole de la victoire du bien sur le mal, cette fête rappelle donc la crémation d’Holîka et de grands feux sont allumés en cet honneur le premier jour de célébration de Holi.

Pendant deux jours, l’Inde se transforme en gigantesque jaillissement de poudre de toutes les couleurs. Toutes les castes se mélangent et tout le monde fait la fête dans une atmosphère aussi flamboyante que chaotique. Nous avons voulu aller voir tout ça d’un peu plus près.

Holi : premier round.

23 mars, Dal Lake (Dharamsala), premier jour de Holi.

En ce début d’après-midi ensoleillé sur les contreforts de l’Himalaya, des musiques et des chants traditionnels indiens raisonnent dans le petit village de Dal Lake. Nous sommes invités à participer au « Holi function » dans la famille indienne qui vit en dessous du bureau.

Dans la cour de la maison, il y a déjà une vingtaine de femmes de tout âge, regroupées et assises sur des draps étendus pour l’occasion et toutes parées de leurs plus beaux habits. Les hommes dont nous n’apercevons que les silhouettes par les fenêtres sont eux à l’intérieur, comme si cette étrange fête n’était célébrée que par les femmes et les enfants. Nous pouvons déjà distinguer sur certains visages des traces de poudre colorée. C’est d’ici que viennent les échos de musique. Au rythme des instruments traditionnels qu’elles maîtrisent avec dextérité, elles dansent les unes après les autres devant l’assemblée qui chante avec harmonie. On nous sert quelques plats typiquement indiens spécialement préparés pour l’occasion que nous partageons tous ensemble. Les chants et les rythmes se succèdent, les femmes qui dansent aussi. Puis vient notre tour de danser, devant toutes ses femmes qui ne se retiennent pas de sourire devant nos pas mal assurés d’étrangers dépassés par les coutumes d’un pays si lointain. Tous les regards sont braqués sur nous. Même les hommes jusqu’alors à l’intérieur de la maison en profitent pour venir nous observer avec un sourire malicieux. Les regards sont néanmoins bienveillants. L’ambiance commence à s’emballer et les musiques traditionnelles laissent place aux hits bollywoodiens du moment ; les poudres de couleur commencent à fuser. La fête bat son plein et va certainement se poursuivre jusque tard dans la soirée. Mais le temps presse pour l’équipe d’Omalaya. Malgré les échanges attachants avec les indiens, nous ne pouvons nous attarder trop longtemps car un bus pour Rishikesh nous attend…

Holi function / Au cœur de Holi à Rishikesh avec Omalaya

Holi function / Au cœur de Holi à Rishikesh avec Omalaya

Holi function / Au cœur de Holi à Rishikesh avec Omalaya

Rishikesh, la capitale mondiale du yoga

Le choix de fêter Holi à Rishikesh n’est pas un hasard. Proche de la source du Gange, la ville a un caractère sacré. Elle abonde de sâdhus et attire de nombreux pèlerins et occidentaux en quête de spiritualité. Elle regorge de temples et d’âshrams, dont certains ont vu passer des célébrités ; les Beatles ont par exemple contribué à la renommée de la ville dans les années 60 après leur passage de quelques semaines pour s’initier à la médiation transcendantale.

Au cœur de Holi à Rishikesh avec Omalaya

Holi : deuxième round.

24 mars, Rishikesh, deuxième jour de Holi.

9h, le grand jour est arrivé. Le soleil tape déjà fort sur Rishikesh et la chaleur se fait sentir sur nos corps fatigués par une nuit de bus agitée. À peine débarqués dans la ville, nous avons juste le temps de nous parer de blanc que nous nous retrouvons plongés en plein cœur de la fête.

Au centre de la ville, sur la place principale déjà bondée, un immense feu se consume depuis la veille. Sous le regard de la statue de Lakshman qui domine la place, la foule ressemble à un immense nuage de couleur. Les visages et les corps se mélangent sous une épaisse couche de poudre colorée. On ne discerne plus les âges, les sexes, les origines. L’effervescence de la chaleur se mêle aux échos des chants et des clameurs et à l’agitation générale, l’atmosphère est brûlante et bruyante.

Au cœur de Holi à Rishikesh avec Omalaya

On prend un seau d’eau sur la tête au coin d’une rue, on croise un groupe de joyeux indiens qui nous enduisent le visage de pigments, nous souhaitent un « happy Holi ! » et nous prennent dans les bras, comme pour s’excuser de nous avoir barbouillé. Voilà, c’est ça Holi.

Au cœur de Holi à Rishikesh avec Omalaya

Je ne saurais dire combien de temps nous avons passé dans la foule à nous lancer des couleurs au visage, quelques dizaines de minutes, quelques heures peut être, jusqu’à ce la torpeur ait raison de nous. Après avoir traversé avec difficulté le somptueux mais encombré Lakshman Jhula qui relie les deux rives, les ghâts de Rishikesh nous tendent les bras pour nous permettre de souffler quelques minutes au bord du Gange, comme beaucoup d’Occidentaux épuisés par la chaleur et la foule.

Dans un café qui surplombe le fleuve sacré, de nombreux rescapés sont venus se réfugier autour d’un petit chaï ou de quelques paranthas. Ce petit havre de paix nous offre un moment d’accalmie bien mérité. C’est le moment de reprendre des forces avant de retourner au combat.

Au cœur de Holi à Rishikesh avec Omalaya

De retour dans la foule, c’est le même rituel. On slalome entre les seaux d’eau qui tombent des balcons et dont les touristes sont la cible principale. On esquive des tireurs embusqués de bombes à eau. On lance de la poudre à l’aveugle sur les gens qui croisent notre chemin. On en reçoit en retour. On lance des « happy Holi » à tout-va. On prend des indiens dans nos bras. Des indiens nous prennent dans les leurs. Les filles sont particulièrement sollicitées. Parfois trop. Il faut maîtriser les élans de quelques locaux un peu trop avenants. Le soleil est à son zénith et la chaleur presque accablante. Nos sachets de couleurs sont presque vides. Il est temps de rentrer à l’hôtel pour profiter du repos du guerrier, et d’une douche que nous savourerons comme jamais !

Au cœur de Holi à Rishikesh avec Omalaya

Vivre Holi en Inde, qui plus est dans une ville aussi sacrée que Rishikesh, est une chance incroyable. Cette fête remplie de symboles est un évènement unique, ébouriffant, spectaculaire, intemporel, invraisemblable, exubérant. C’est un étonnant festival de sourires, de fraternité, de gaieté, de convivialité et de bonne humeur que nous avons vécu, et que j’avais envie de vous faire partager.


Venez vous aussi découvrir l’Inde du Nord et sa culture en vous plongeant au cœur des sagesses de l’Inde. Un voyage autour du yoga à Rishikesh est également en préparation chez Omalaya, restez connectés…

Photo de couverture : © Poras Chaudhary

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2 Responses

  1. Aude

    Article génial accompagné de super photos ! Merci !

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